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Débuter l'aquarelle

Apprendre à doser l’eau – la clé pour réussir son aquarelle

Vous trouvez que vos peintures sont fades, ternes, qu’elles manquent de relief et vous ne comprenez pas trop pourquoi ? Et bien, c’est sans doute qu’il est temps de revoir la base même de l’aquarelle, à savoir comment bien doser l’eau et les couleurs.

A la différence des autres peintures comme la peinture à l’huile ou l’acrylique, l’aquarelle demande de savoir un minimum comment doser l’eau. C’est ce dosage de l’eau et de la peinture qui permettra de créer des effets, des textures et de la profondeur à l’aquarelle. Transparence, valeurs, superpositions, tout est possible quand on maîtrise un bon dosage de l’eau.

Comment doser l’eau pour renforcer ou diminuer l’intensité

L’eau est à la base même de l’aquarelle. Quand on débute, on fait souvent l’erreur de vouloir utiliser son aquarelle comme de la gouache. C’est-à-dire avec la même quantité d’eau à chaque fois. Or, c’est ainsi qu’on se retrouve avec un résultat plat et terne, et des couleurs soit trop claires, soit trop foncées.

Echelle de valeurs et intensité des couleurs

On parle de valeurs pour distinguer les différentes intensités d’une même couleur. Il y a des milliers de variations possibles pour une même couleur, mais le plus important est de savoir reconnaître au moins trois valeurs : clair, moyen et foncé. Pour avoir un résultat équilibré, il faut pouvoir jouer avec ces différentes valeurs sur son aquarelle.

Pour cela, une règle simple mais fondamentale : plus les couleurs sont diluées, plus elles seront claires et transparentes, laissant apparaître la luminosité et le blanc du papier. Et à l’inverse, plus vous rajouterez de pigment, et plus les couleurs seront foncées et opaques.

Cette notion est très importante, notamment quand on peint un paysage à l’aquarelle. Si toutes les couleurs sont de la même intensité, le résultat sera plat, sans aucune distinction entre l’arrière plan et le premier plan. Mais elle s’applique également pour toutes les autres compositions, que ce soit pour peindre une fleur, un oiseau ou même un portrait. On obtiendra bien plus d’effet de profondeur, de relief et d’équilibre dans son aquarelle, si on maîtrise le dosage de l’eau et des valeurs.

Exercice : créer un nuancier de valeurs

nuances de valeurs
Nuances de couleurs

Pour comprendre et maîtriser le dosage de l’eau, rien de mieux que de s’entraîner à faire des nuanciers simples d’une même couleur. J’en fais régulièrement, notamment avec les couleurs que j’utilise le moins. Cela me permet de me familiariser avec elles, et de me rappeler les possibilités qu’elles offrent.

Pour cet exercice, il suffit d’avoir un morceau de papier aquarelle ; on peut se servir des chutes qu’on aura récupéré par ci par là, ou de papier de grammage moindre. Un 200g suffit largement.

On peut commencer par la teinte la plus foncée, ou au contraire la plus claire. Le but est d’arriver à avoir 5 nuances pour une même couleur.

Je commence généralement par la couleur la plus foncée. Je peins un rond ou un carré de couleur très pigmentée. Puis je rajoute légèrement de l’eau. Et au fur et à mesure des teintes, je dilue davantage la couleur.

Cet exercice n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. On aura tendance à trop diluer dès le départ, et arriver difficilement à distinguer les cinq nuances. N’hésitez donc pas à renouveler l’exercice autant de fois que nécessaire. Le mieux serait de le faire avec toutes les couleurs de votre palette.

La technique de l’humide pour apprendre à doser l’eau

Pour bien appréhender l’aquarelle, il faut connaître certaines techniques. Et ces techniques, vous l’aurez deviné, demandent un jeu de dosage entre eau et couleurs ! Que l’on travaille avec beaucoup ou peu d’eau, le résultat sera différent.

De l’eau et de l’eau : humide sur humide

La première technique à connaître est celle de l’humide sur humide. Mouillé sur mouillé. On commence par mouiller toute la partie à peindre avec un gros pinceau, et on peint ensuite avec des couleurs et un pinceau bien mouillé.

Cette technique est souvent utilisée pour peindre un arrière plan, un fond ou une zone assez étendue. Très souvent elle servira de base pour le reste de l’aquarelle. Pour autant, elle n’est pas si simple à appréhender. Encore une fois, elle demande une bonne gestion de l’eau, au risque de se retrouver avec de jolies auréoles ou un ensemble pas très homogène.

Pour réussir un fond uniforme en utilisant cette technique, il faut connaître quelques astuces simples :

  • Utiliser un papier suffisamment épais, au moins 300g, voire dans l’idéal du papier coton
  • Bien étendre son papier, pour éviter qu’il ne se gondole. Pour cela, il faut le fixer avec du ruban adhésif ou des grosses pinces.
  • Incliner légèrement le plan de travail, afin que l’eau circule vers le bas. Cela permettra d’éviter l’accumulation d’eau qui pourrait laisser des auréoles
  • Récupérer le surplus d’eau qui pourrait se former vers le bas, avec un mouchoir ou un chiffon
  • Laissez l’eau faire son travail et évitez de trop repasser sur la partie déjà peinte qui aurait commencé à sécher.

Avec un peu d’entraînement, on pourra utiliser cette technique pour peindre le ciel, la mer, les couchers de soleil, mais aussi pour rajouter des touches sur des fleurs encore humides ou créer de belles fusions. Les possibilités sont infinies.

Exercice : peindre un ciel à l’aquarelle

Pour comprendre la technique du mouillé sur mouillé, rien de mieux que de peindre un ciel. Un ciel bleu et limpide, ou au contraire teinté de rose et d’ocre, ou étoilé. Depuis que j’ai compris comment réaliser cette technique, je ne me lasse plus de peindre les cieux à l’aquarelle !

Commencez par mouiller toute la feuille ou la partie correspondant au ciel. Pour cela utilisez un gros pinceau propre et bien humide. Veillez bien à ce que toute la feuille soit mouillée, et n’hésitez pas à repasser une deuxième fois s’il le faut.

Ensuite, peignez en bleu, en commençant par le haut. Les bords supérieurs sont généralement plus foncés donc plus pigmentés. Rajoutez de la couleur s’il le faut et étirez votre peinture vers le bas. En général, une goutte se forme, c’est celle-ci qu’il faut étendre vers le bas. N’oubliez pas d’incliner votre plan de travail pour justement récupérer cette goutte et éviter l’accumulation d’eau.


On termine par un peu d’ocre sur le bas du ciel, et pourquoi pas un peu de rose. Le fait que la feuille soit encore bien humide permet de fondre les couleurs entre elles sans avoir de réelle délimitation. Récupérez le surplus d’eau qui se forme vers le bas.

Tant que la peinture est encore humide, vous pouvez tapoter avec un chiffon pour faire des nuages. Je vous laisse ici deux exemples détaillés de ciel à l’aquarelle :

Apprendre à doser l’eau pour créer des effets de texture

Une autre manière de comprendre le dosage de l’eau et des pigments est de réaliser des effets de texture. Selon le degré d’humidité de la feuille et du pinceau, les pigments que l’on y déposera réagiront différemment.

Ainsi, plus le papier est humide, plus les pigments vont s’étaler et se répartir sur la zone humide.

Selon le rendu voulu, il faudra attendre que le papier soit complètement sec pour y déposer une autre couleur, ou au contraire profiter de l’humidité pour y étaler des pigments.

Pour bien comprendre cette notion, je vous propose de réaliser trois tests :

comment doser l'eau - effet de texture sur humide
  • Couleur humide sur fond humide. Déposer un premier lavis humide d’une couleur. Quand c’est encore bien humide, déposez-y une touche de couleur différente. Vous verrez le pigment s’étaler. Plus le papier est humide, et plus le pigment de l’autre couleur s’étalera.

comment doser l'eau - effet de l'eau sur fond humide
  • Eau sur fond humide. Sur un lavis toujours humide, déposez une goutte d’eau pure avec le bout du pinceau. Celle-ci repoussera les pigments du lavis, pour créer une sorte de halo étoilé.

superposition
  • Couleur sur fond sec. Sur un lavis complètement sec, déposez une touche de couleur différente. Celle-ci restera sur place et ne s’étalera pas. On parlera alors de superposition.

On a souvent envie de se lancer dans une aquarelle un peu sans réfléchir, à la manière de ces artistes pour qui cela semble si naturel. Mais ne l’oubliez pas, la spontanéité vient de la maîtrise. Plus on maîtrise son aquarelle et plus on pourra être spontané.

Savoir doser l’eau fait partie des bases incontournables pour celui qui débute à l’aquarelle. Cela permet de progresser plus facilement et de prendre confiance dans ses gestes. Une fois qu’on a compris le rôle de l’eau et toutes les possibilités qu’elle permet, le reste coule presque de source 😉

Tant qu’il y a de l’eau, tout est encore possible et tout peut arriver !

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4 commentaires

  1. Je trouve les rendus de la peinture à l’aquarelle vraiment magnifique, mais il faut effectivement savoir comment doser la dilution de la peinture, pas toujours évident quand on débute. Je le vois auprès de mes enfants qui mettent toujours une « tonne » d’eau 😂Merci pour tous ces bons conseils très utiles !

    1. a dit :

      Merci à toi ! C’est vrai qu’au départ on en met trop ou pas assez, et puis au fur et à mesure on trouve ce qui nous convient le mieux 😉 (je vois très bien pour les enfants, surtout quand ils sont tout petits ! La joie toute simple de toucher aux textures et d’expérimenter 😀

  2. a dit :

    Voici enfin des conseils qui vont faire que mes dessins ne vont plus être ondulés après le séchage! Merci Anna!

    1. a dit :

      Au plaisir 🙂

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